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Concert / Vincent Courtois & Colin Vallon

Jeudi 6 août - 20h

Eglise Notre Dame de Toute Grâce

Vincent Courtois, violoncelle

Colin Vallon, piano

Tarif A/B/C

➡️ PASS FESTIVAL

Après avoir aventuré son violoncelle dans les contextes les moins balisés du jazz et des musiques improvisées contemporaines, Vincent Courtois a eu l’envie de renouer avec des climats plus ouvertement classiques et intimistes en conviant le pianiste Colin Vallon à un dialogue aussi spontané qu’érudit aux confins de l’improvisation et des nouvelles formes de composition. Les deux musiciens jouent en pleine conscience avec les codes de l’ancestrale forme sonate, nourrissant le discours collectif de leurs sensibilités particulières et d’une connaissance intime de la musique de chambre occidentale. Leur duo développe une musique puissamment mélodique et lyrique, prenant régulièrement la tangente des cadres traditionnels qui la sous-tendent en d’intenses dérives oniriques d’une grande densité poétique.

La genèse de l’album « A simple fall » reflète son contenu :

une part a été guidée par des choix forts ; une autre, par la force des choses. Vincent Courtois et Colin Vallon jouent ensemble pour la première fois à Paris, à l’occasion d’une session improvisée entre deux trains. Profitant d’une carte blanche qui lui a été donnée par l’éclectique équipe de la programmation de la salle Pierre Boulez de Berlin, le violoncelliste français invite ensuite le pianiste suisse à donner un premier concert en février 2023. Ils découvrent alors qu’ils partagent le même goût paradoxal pour les mélodies lyriques et les improvisations abstraites… Rapidement Courtois et Vallon constituent un répertoire pour leur nouveau duo et envisagent un album, accueilli par BMC Records. Cet itinéraire artistique, placé sous le signe de l’audace et l’insouciance prend un tournant tragique à l’approche de l’enregistrement. Courtois perd sa mère, décédée des interminables suites d’un instant de déséquilibre, et lui écrit le morceau éponyme A Simple Fall… L’album, où des lieder sans paroles alternent avec des improvisations d’une créativité sans limites, prolonge, ravive et transpose la longue et prestigieuse tradition des œuvres pour piano et violoncelle, rarissimes dans le milieu du jazz, mais dont l’histoire de la musique classique est très riche. En multipliant les techniques et les préparations, Courtois et Vallon sont parvenus à donner à cette formation intimiste une dimension orchestrale absolument originale, le piano se transformant tantôt en verrillon, tantôt en boîte à musique, enyangqin ou en viole de gamble et le violoncelle se faisant tout à tour instrument de percussion, instrument harmonique et instrument mélodique. Véritable passerelle entre musique classique, musique expérimentale et jazz, cet album est l’une des rares œuvres kaléidoscopiques, qui à l’aide d’éléments rudimentaires habilement combinés, permettent de se figurer l’infini.

 

« A Simple Fall » se présente en un sens comme l’anatomie d’une chute. Au fil des douze pièces qui le composent, on éprouve ces accélérations et ces suspensions qui caractérisent tous les instants où la vie bascule et le sol se dérobe soudainement sous les pieds. ; ne dit-on pas que l’on tombe amoureux, que quelqu’un tombe à pic, que la nuit tombe, que les masques tombent ? Et nos souvenirs, même les plus chers, ne finissent-ils pas par tomber dans l’oubli ? Une chute n’est finalement jamais si simple qu’il n’y paraît. « La semaine de l’enregistrement, qui séparait le décès et l’enterrement de ma mère, j’ai redécouvert Les Désarçonnés de Pascal Quignard, un livre très important pour moi, qui illustre, à travers les histoires de personnes mises à terre par les aléas de l’existence, l’idée qu’une chute coupe brutalement la vie en un avant et un après. »

Le premier album de Courtois et Vallon est sans cesse traversé par ces sensations de vertige et d’apesanteur qui peuvent altérer le cours du temps lors d’une chute libre – ou d’une improvisation.

 

D’après Michel Roelli

Vincent Courtois, violoncelle

Figure majeure du jazz français, issu d'une formation classique en conservatoire, le violoncelliste et compositeur

Vincent Courtois a découvert le jazz et de la musique improvisée à travers sa collaboration avec de grands maîtres

du genre tels que Jean-Charles Capon, Christian Escoudé, Marcel Azzola, qui le confortent dans cette voie. Pédagogue

enseignant auprès de jeunes violoncellistes, entre autres au CNSM de Lyon, il est un fervent défenseur des différents rôles que peut endosser son instrument au sein des ensembles, qu'il s'agisse de répertoires classique, contemporain, jazz ou de musique de film. Sa discographie comprend plus de 25 albums.

Colin Vallon, piano

Né à Lausanne (Suisse), Colin Vallon étudie le piano classique avant de s'intéresser au jazz et d'intégrer la Swiss Jazz

School de Berne à ses dix-huit ans. En 1999, le pianiste helvète crée le Colin Vallon Trio avec lequel il se produit localement puis dans toute l'Europe. Le trio première mouture est alors composé de Lorenz Beyeler (contrebasse) et Raphaël Pedroli (batterie). Deux albums marquent la vie de cet ensemble : en 2004, « Les Ombres » ; en 2007, « Ailleurs. » Colin Vallon monte ensuite un quintett en 2007 : Colin Vallon Cinq, pour une commande de la Fondation culturelle Pro Helvetia réalisée avec le trompettiste Erik Truffaz. Le pianiste dont la notoriété excède les frontières helvètes est récompensé par plusieurs prix : le 3ème Concours de piano du Montreux Jazz Festival, le 1er Prix Nescafé Let's Jazz Together, le Prix de la Fondation Nico Kaufmann (2008) et celui de la Fondation Suisa (2009). Depuis 2009, il enseigne à la Haute École des Arts à Berne. Dans le même temps, le trio participe à un programme de soutien mené par la Fondation Pro Helvetia. Vedette de nombreux festivals européens, le Colin Vallon Trio nouvelle formule avec Patrice Moret à la contrebasse et Samuel Röhrer à la batterie enregistre pour la prestigieuse marque ECM un album qui fait date, Rruga, encensé par la presse à sa sortie en 2011. Trois ans plus tard, c'est une formation renouvelée qui se présente sur le quatrième album Le Vent, avec Julian Sartorius à la batterie. La même configuration est de retour en 2017 avec l'album « Danse ».

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